three eyes. And too many hearts.
Guerre sans trêve, combat sans repos, la lumière se fait lointaine et rare, pas même un misérable faisceau faufilé à avaler. Tout en boucle, comme un retour perpétuel et écoeurant, tout dans la gueule à chaque retour, boomerang dans ta face et puis on se couche, on se couche chaque soir dans la même position, la même amertume qui perle comme un suc moisissant à la commissure des lèvres, le même pic à glace en travers des tripes.
Un enfer en dedans comme en dehors, un masque après l'autre. Ne restent que les larmes trop salées qui s'essoufflent, s'égoutte au compte-eau et un sale goût dans la bouche, celui de la faiblesse, de la douleur, de la haine, de tes lèvres, des siennes aussi.
L'enfer est ici, partout, à l'intérieur comme à l'extérieur, enfer justement parce qu'il se répète de jour en jour, saloperie de mélodie que, pour une fois, j'apprends par coeur, comme une comptine dévoreuse de vie, comme un rideau qui tombe sur les jours et cache la lumière.
Plus rien n'a de valeur que l'agonie, délicieux poison mortifiant mais jamais fatal.