jeudi 9 avril 2009

La lumière est éteinte (I)

Combien d'entre nous ont pris les armes pour la lumière, pour l'arc-en-ciel? Il y avait bien les chutes, les nuits, le fer et la marmaille, toutes ces tentatives vaines du sperme et du sang, de l'esprit et du corps de rejoindre l'infini. On se confronte à la réalité du geste, au ridicule du mot, le sillon laissée par la plume sur le papier se comble, il reste le vide. La nuit.
Les morts s'entassent au champ de bataille des consciences, mais les torrents de larmes n'effrayent plus personne, on garde notre orgueuil pour bouée de sauvetage, notre sexe tendu vers l'éternité -faut-il encore ensemencer.
On flotte et on se noie, on se regarde. Dieu dans le blanc des yeux, le noir s'étend, le crotale gluant se tortille et recouvre l'avenir, il avale les pleurs, se désaltère de nos essences.
Pour un mot, pour un ciel, pour un jour de lumière, on se pâme alors que les étincelles meurent les bougies s'éteignent. Le sel de mers, le sel de larmes, l'acidité des jours-fantômes que l'on survit, pince-moi la joue, arrache-moi les yeux brise-moi le coeur, que je ne rêve pas.