Il doit s'agir de terres encore inconnues, de terres qu'on préférerait ne pas partager. De terres fatales et sensuelles, aux contours nouveaux et éphémères.
Il doit y avoir un port; un port quelque part ou s'amarrer, mais toutes embarcations sont englouties, avalées par la côte sans cesse remodelée. Un volcan incandescent et infini, un séisme perpétuellement latent, une vibration métaphysique.
Un seul regard comme une porte entr'ouverte sur les tripes du noyau terrestre; même le silence y résonne. L'intérieur d'une terre nouvelle, lacée de feu et douce, une terre éternelle et naissante à la fois. Rien ne sert ici d'une boussole, il ne s'agit pas de carte ou de repères, il s'agit de suivre d'une courbe à l'autre l'échine parfaite de ce surgissement volcanique soudain.
Corps-à-terre avec le magma brûlant, nouveau monde d'odeurs, de sensations terrassantes de puissance, communion et fusion dans une nouvelle mer bouillonnante.
D'un mont je me glisse dans la vallée étroite, mal accroché à ce petit chemin de corniche qui sillonne l'entre-tes-jambes, je parcours amoureusement et maladroitement cette brisure si parfaite en toi.